Homélies de Dom Armand Veilleux

22 août 2026 – Samedi de la 20ème semaine ordinaire, année paire

Ézéchiel 43, 1-7 ;  Matthieu 23, 1-12

                                                                             H o m é l i e

Chers frères et soeurs,

          La première lecture, tirée du Livre d’Ézéchiel, nous transmet un sens très vif de la présence de Dieu.  Les images sont vivantes et dramatiques;  mais l’élément principal est l’affirmation finale de Dieu qui dit:  : « Fils d’homme, c’est l’emplacement de mon trône et la place de mes pieds; c’est là que j’habiterai, au milieu des fils d’Israël, pour toujours. »  L’élément central de la spiritualité du Peuple d’Israël était ce sens très profond de la présence de Dieu en son sein et dans son histoire.  Et cela peut nous aider à comprendre le texte de l’Évangile que nous venons de lire.

22 August 2026 – Saturday of the 20th Week in Ordinary Time, even-numbered year

Ezekiel 43:1–7; Matthew 23:1–12

                                                                     Homily

Dear brothers and sisters,

          The first reading, taken from the Book of Ezekiel, conveys to us a very vivid sense of God’s presence.  The imagery is vivid and dramatic;  but the key element is God’s final declaration:  ‘Son of man, this is the place of my throne and the place where I set my feet; it is there that I shall dwell, in the midst of the people of Israel, forever.’  The central element of the spirituality of the people of Israel was this profound sense of God’s presence amongst them and within their history.  And this can help us to understand the Gospel passage we have just read.

21 août 2026– vendredi de la 20ème semaine du T.O.

Ez 37, 1-14; Mt 22, 34-40

                                                                H O M É L I E

          Dans la plupart des sociétés qui n’ont pas encore été trop influencées par la culture moderne occidentale, la solidarité du clan ou de la famille élargie est une dimension extrêmement importante de la structure sociale.  En réalité cette solidarité est essentielle à leur survie.  Les conditions de vie peuvent être très simples et frugales ; les gens peuvent ne pas avoir tout notre luxe et nos gadgets, mais personne ne manque de l’essentiel.  Lorsqu’une femme devient veuve et que des enfants deviennent orphelins, ils sont pris en charge par la famille élargie, à travers tout un réseau de relations.  De même, l’étranger a un droit divin à l’hospitalité.

August 21, 2026 - Friday of the 20th week in Ordinary Time

Ezek 37, 1-14; Mt 22, 34-40

                                                             Homily

In most societies that have not yet been overly influenced by modern Western culture, the solidarity of the clan or extended family is an extremely important dimension of the social structure. In fact, this solidarity is essential to their survival. Living conditions may be very simple and frugal; people may not have all our luxuries and gadgets, but nobody lacks the essentials. When a woman is widowed and children orphaned, they are cared for by the extended family, through a whole network of relationships. Similarly, strangers have a divine right to hospitality.

13 août 2026 – jeudi de la 19ème semaine

Ézéchiel 12, 1-2;; Matt 18, 21-19, 1

 

                                       Homélie

Les écoles rabbiniques demandaient à leurs disciples de pardonner à leur femme, à leurs enfants, à leurs frères, un certain nombre de fois, ce nombre variant d’une école à l’autre.  Pierre veut savoir quel est le « tarif » appliqué par Jésus.  Est-il plus sévère que celui de l’école qui demandait de pardonner jusqu’à sept fois à un frère qui nous avait offensé ?

Jésus répond avec une parabole qui fait sortir la personne de ce système de tarifs et l’invite à imiter le pardon de Dieu.  Matthieu souligne d’ailleurs la différence incroyable entre les dix mille talents et les cent pièces (un peu comme la différence entre la poutre et la paille dans l’œil -- cf. Mt. 7,1-5), pour montrer la distance infinie qui sépare les idées humaines sur la dette et la justice de celles de Dieu.

Déjà l’AT nous montrait le Seigneur comme un « Dieu de tendresse et de compassion, lent à la colère et plein d’amour, qui reste fidèle pour des milliers de générations » (voir Ex 34 : 6-7).  Cet amour sans limite ne signifie pas cependant indifférence envers le péché.  Lorsque son peuple pèche, le Seigneur est plein de colère ; mais même alors il montre sa miséricorde en appelant son peuple à la conversion

          Toute la vie de Jésus, surtout sa mort sur la croix, fut également un exercice de miséricorde sans limite.  Partout où il passait, Jésus attendait le fils prodigue.  Il n’était pas venu pour ceux qui se croient justes, mais pour les pécheurs repentants.  Ces derniers, il les a cherchés comme un pasteur cherche une brebis perdue, comme une femme cherche sa dernière pièce d’argent qu’elle a perdue.  Certains semblent avoir été l’objet privilégié de sa miséricorde, spécialement en saint Luc. Ce sont les pauvres, les femmes, les étrangers – tous ceux qui étaient exclus ou rejetés de la société par un interdit ou l’autre. 

          La parabole racontée par Jésus dans l’Évangile d’aujourd’hui comporte une théologie du temps présent, qui est le temps de l’Église -- un temps qui nous est donné pour la conversion.  Matthieu place ainsi le devoir du pardon dans un contexte eschatologique.  Les derniers temps vont venir sous la forme d’une année sabbatique (Deut. 15,1-5), durant laquelle Dieu remettra la dette énorme de l’humanité et offrira la justification.  Certains cependant refuseront ce don, et se condamneront eux-mêmes au malheur sans fin.

Nous pourrions dire que nous sommes dans un temps de « probation » ou de « libération conditionnelle ». Dans notre droit actuel nous avons, dans la plupart des pays, la notion de « probation », c’est-à-dire une suspension provisoire et conditionnelle de la peine d’un condamné, assortie d’une mise à l’épreuve et de mesures d’assistance et de contrôle.

          Or, dans le récit de cette parabole, l’homme se trouve situé entre deux jugements (versets 25-26 et 31-35).  Le premier jugement s’est terminé par un acquittement de la dette.  Le second jugement dépendra de la façon dont sera utilisé le temps entre les deux.  L’homme sera définitivement pardonné et justifié s’il utilise le temps de probation qui lui est donné pour pardonner lui aussi et faire justice.  La vie chrétienne est en quelque sorte un temps de probation ou de libération conditionnelle.  Nous avons été acquittés de nos fautes.  Cet acquittement doit cependant être ratifié à la fin de notre vie ici-bas, et le sera seulement dans la mesure où nous aurons nous-même exercé le pardon à l’égard des autres. 

Les derniers mots de la parabole :  « C’est ainsi que mon Père du ciel vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère de tout son cœur » nous rappellent d’ailleurs la demande que nous faisons tous les jours dans le Pater :  « Pardonne-nous nos péchés, comme nous pardonnons, nous aussi... »

          Parmi les divers chemins qui mènent à la découverte de Dieu l’un des plus importants est  l’expérience que l’homme pécheur fait de la miséricorde de Dieu. Le pardon que nous avons reçu ne demeurera cependant en vigueur que dans la mesure où nous aurons nous aussi pardonné aux autres.

Armand Veilleux

August 13, 2026 – Thursday of the 19th Week

Ezekiel 12:1–2; Matthew 18:21–19:1

                                                                                Homily

The rabbinic schools required their disciples to forgive their wives, their children, and their brothers a certain number of times, with that number varying from one school to another.  Peter wants to know what the “quota” is according to Jesus. Is it stricter than that of the school that required forgiving a brother who had offended us up to seven times?

12 août 2026 - Mercredi de la 19ème semaine

Ézéchiel 9, 1-7; 10, 18-22; Matt 18, 15-20

                                                                          H O M É L I E

Lorsque nous voyons quelqu'un agir d'une façon qui ne nous semble pas correcte, et surtout lorsque nous pensons que quelqu'un nous a personnellement offensés ou a été injuste à notre égard, nous sommes facilement portés à nous constituer les justiciers de Dieu -- un peu comme les anges exterminateurs de la vision d'Ézéchiel, que nous avons eue comme première lecture.  Nous vivons alors encore dans l'Ancien Testament, tout comme le prophète Élie qui égorgea les 450 prophètes de Baal, avant sa rencontre avec Dieu sur le Mont Horeb, ou Paul menant les Chrétiens à la mort, avant son chemin de Damas.  Le message de Jésus est tout différent.