Homélies de Dom Armand Veilleux

 

October 8, 2026 --  Thursday of the 27th even-numbered week

Gen 3:1-5; Luke 11:5-13

H O M I L Y

          In the section of Luke’s Gospel that we have been reading in the weekday lectionary for the past few days, Luke describes Jesus’ journey to Jerusalem and places events there that the other evangelists placed at other times in Jesus’ life.  This section also contains stories that Luke alone recounts.  This was the case with the parables of the Good Samaritan and of Martha and Mary.  In the text we have just read (which forms a whole with the one we would have had yesterday had it not been for the feast of Mary, Queen of the Rosary), Luke records two of Jesus’ teachings on prayer that we also find in Matthew—namely, the Lord’s Prayer and the exhortation: “Ask, and you will receive… etc.” ” And between these two teachings, Luke inserts another teaching of Jesus, which he alone recounts: that of the persistent friend, which we have just read. Let us pause for a moment on this passage.

8 octobre 2026 -- Jeudi de la 27e semaine paire

Gen 3, 1-5; Luc 11, 5-13

H O M É L I E

          Dans la section de l’Évangile de Luc que nous lisons au lectionnaire férial depuis quelques jours, celui-ci décrit la montée de Jésus vers Jérusalem et y place des événements que les autres évangélistes ont placés à d’autres moments de la vie de Jésus.  On trouve aussi en cette section des récits que Luc est le seul à raconter.  Ce qui était le cas de l’évangile du Bon Samaritain et celui de Marthe et Marie.  Dans le texte que nous venons de lire (qui forme un tout avec celui que nous aurions eu hier s’il n’y avait pas eu la mémoire de Marie, reine du Rosaire, Luc rapporte deux enseignements de Jésus sur la prière que nous avons aussi en Matthieu, c’est-à-dire le Pater et l’exhortation : « demandez et vous recevrez... etc. » Et, entre ces deux enseignements Luc place un autre enseignement de Jésus, qu’il est le seul à raconter : celui de l’ami importun, que nous venons de lire. Arrêtons-nous un peu à ce morceau.

6 octobre 2026

Mardi de la 27ème semaine ordinaire

Gal 1:13-24; Lc 10, 38-42. 

H O M É L I E 

          Dans l'Évangile, nous ne voyons jamais Jésus organiser de grands festins auxquels il inviterait les foules ou même simplement ses amis.  Au contraire, il apparaît comme l'étranger qui a besoin de l'hospitalité des autres.  Même pour la dernière Cène, son dernier repas avec ses disciples, il se fait recevoir dans la maison d'un étranger.  Il est reçu à table dans leurs maisons par des publicains.  Il accepte l'invitation des Pharisiens.  Partout où il va, il apporte un message, il offre une parole. 

          Jésus aime tout particulièrement l'hospitalité de ses amis très chers: Marthe, Marie et Lazare.  Je dois confesser que j'ai une très grande sympathie pour Marthe, et je pense que les commentateurs et les prédicateurs des siècles passés ne lui ont pas fait justice.  Il est vraiment trop facile -- même si c'est populaire -- de voir dans ce récit évangélique l'affirmation de la supériorité d'une forme de vie chrétienne sur les autres. 

          En réalité, c'est bien Marthe qui est la figure la plus marquante de ce récit évangélique.  Jésus est son hôte; c’est elle qui le reçoit dans sa maison à elle.  Marie se trouve là, mais elle aussi est une invitée de Marthe.  Jésus n'est pas un hôte ordinaire.  Même pour ses amis les plus chers, il demeure un « étranger »; mais quand il vient quelque part, il apporte la Parole de Dieu à ceux qui le reçoivent, et c'est cette Parole qui compte plus que tout.   

La réponse de Jésus à Marthe exprime cette réalité:  c'est que c'est sa parole et l'écoute de cette parole qui comptent plus que tout.  Or, la grande familiarité avec laquelle Marthe parle à Jésus indique bien qu'il y avait entre eux une relation profonde qui ne peut exister qu'entre deux personnes qui s'écoutent mutuellement. 

          Dans le service de l'hospitalité, il y a divers éléments essentiels:  il faut recevoir l'hôte, converser avec lui, lui préparer un repas et lui offrir divers services.  Il n'y a pas de véritable hospitalité sans tous ces éléments.  Il ne suffit pas de s'asseoir aux pieds de quelqu'un pour l'écouter, pas plus qu'il ne suffit de lui servir le repas.  Marthe et Marie se partagent l'ensemble de ces éléments de l'hospitalité.  Et donc, lorsque Jésus dit à Marthe qui est en train de le servir que Marie a choisi la bonne part (tèn agathèn merída, que l'on traduit trop facilement par "la meilleure part" pour des raisons grammaticales non convaincantes), il ne parle pas d'une supériorité objective.  Il dit simplement que Marie a choisi la partie la plus agréable du service de l'hospitalité, et que cela ne lui sera pas enlevé.  Quant à Marthe, qui fait tout le service onéreux, comme Jésus le fera lui-même à la dernière Cène, il l'invite à le faire sans préoccupations et sans nervosité.  Tout ce que font les deux, Marthe et Marie, constitue le service intégral de l'hospitalité.  Les deux se complètent. Aucune n'est supérieure à l'autre. 

          Une leçon additionnelle de ce récit est que Dieu ne veut pas seulement nous appeler à sa table, mais qu'il veut aussi être invité à la nôtre.  Il veut être notre hôte, comme Jésus fut l'hôte de Marthe qui le reçut dans sa maison, où elle recevait en même temps Marie.  Il se présente à nous dans la personne l'étranger, du pauvre, des rejetés, des réfugiés et des sans abris.

Si nous écoutons sa Parole, Lui et son Père feront en nous leur demeure. 

Armand Veilleux

7 octobre 2026 -- Mercredi de la 27ème semaine « A »

Gal 2,1-2. 7-14 ; Luc 11, 1-4.

H O M É L I E

          Jean-Baptiste, comme les autres maîtres spirituels de son temps, y compris les Pharisiens et les Sadducéens et les docteurs de la Loi, enseignait à ses disciples des méthodes, des gestes et des formules de prière.  Aussi les disciples de Jésus, dont plusieurs avaient été disciples de Jean, lui demandèrent un jour de leur enseigner à prier « comme Jean l’a appris à ses disciples ».  Ils étaient sans doute intrigués du fait qu’ils voyaient souvent Jésus se retirer, surtout la nuit, pour prier dans le secret, mais qu’il ne leur enseignait ni méthode ni formule.  La réponse de Jésus, résumée dans ce que nous appelons le « Notre Père », n’est pas une « formule de prière » qu’il les invite à répéter, mais bien un enseignement très riche sur ce qu’est la prière. (Il est généralement admis par les exégètes, que cette version du Pater, en Luc, plus brève que celle de Mathieu, est la plus originale).

6 October 2026

Tuesday of the 27th ordinary week

Gal 1:13-24; Lk 10, 38-42.

Homily

In the Gospel, we never see Jesus organising great feasts to which he would invite the crowds or even just his friends. Instead, he appears as a stranger who needs the hospitality of others. Even for the Last Supper, his last meal with his disciples, he is received in the home of a stranger. He was received at table in their homes by publicans. He accepted the invitation of the Pharisees. Wherever he went, he brought a message, he offered a word.

7 September 2026 -- Wednesday of the 27th week « A »

Gal 2:1-2. 7-14; Luke 11, 1-4.

Homily

John the Baptist, like the other spiritual teachers of his time, including the Pharisees and Sadducees and the doctors of the Law, taught his disciples methods, gestures and formulas for prayer. So, one day, Jesus' disciples, many of whom had been disciples of John, asked him to teach them to pray “as John taught his disciples”. They were no doubt intrigued by the fact that they often saw Jesus withdraw, especially at night, to pray in secret, but that he taught them neither method nor formula. Jesus' response, summed up in what we call the “Our Father”, is not a “prayer formula” that he invites them to repeat, but a very rich teaching on what prayer is. (It is generally accepted by exegetes that this version of the Our Father in Luke, which is shorter than the one in Matthew, is the most original).

Le 5 octobre 2025 – lundi de la 27ème semaine du Temps Ordinaire, année paire

Gal 1, 6-12; Luc 10,25-37

H O M É L I E

          Ce récit très vivant, tiré de l'Évangile de Luc, que nous venons de lire commençait par une importante question posée à Jésus par un docteur de la Loi. C'était une très bonne question, personnelle et pratique. En effet, il n'a pas dit de façon abstraite : "Quel est le plus grand commandement?" mais bien : "Que dois-je faire?" Jésus lui dit: "Tu es un docteur de la Loi; tu dois savoir cela. Que lis-tu dans ta Loi?" Et l'homme donne alors la bonne réponse: "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton coeur, de toute ton âme, de toute ta force, de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même." Très bien! dit Jésus! Fais cela et tu auras la vie éternelle. Le docteur trouve que le dialogue s'est terminé un peu trop brusquement et il pose une autre question: "Mais alors... qui est mon prochain?"