Homélies de Dom Armand Veilleux

3 octobre 2026                                                       Samedi, 26ème sem. « paire »

Job 42,1-3,5-6,12-17 ; Luc 10,17-24

Chers Frères,

Depuis plusieurs jours la première lecture de l’Eucharistie, sur semaine, est tirée du Livre de Job, et nous terminons précisément aujourd’hui ce livre, qui est très important du point de vue de la tradition monastique – et cela pour diverses raisons.  Il est important, bien sûr, à cause de son thème central, celui de la souffrance, qui prépare à l’enseignement du Nouveau Testament sur le mystère de la Croix.  L’auteur du livre est en réaction contre l’enseignement traditionnel, selon lequel Dieu est juste et donc récompense le bon et punit le méchant.  À cette théorie, le livre de Job oppose un homme concret, qui est aussi bon qu’on puisse l’être, et qui pourtant est terriblement affligé.  Il veut comprendre le mystère de la souffrance, et, en fin de compte il n’a pas d’explication.  C’est un mystère insondable.  La souffrance n’a pas de sens.  Inutile d’essayer d’en chercher le sens.  Et, dans le Nouveau Testament, le Fils de Dieu donnera une réponse non pas en expliquant le mystère de la souffrance, mais en l’assumant, en mourant sur la Croix et, ainsi, en lui donnant finalement un sens.  Si Dieu a souffert, la souffrance a certainement un sens et c’est un sens de rédemption. Toutes nos souffrances, petites et grandes, prennent leur sens -- l’unique sens qu’elles peuvent avoir -- en étant une participation à la Croix du Christ, à cette souffrance librement assumée par amour – non pas par amour de la souffrance, mais par amour de l’homme.

4 octobre 2026 -- 27ème dimanche ordinaire « A »

Is 5,1-7 ; Ph 4,6-9 ; Mt 21,33-43

H O M É L I E

          Parmi les Livres de l’Ancien Testament il y en a un, le Cantique des Cantiques, qui est tout entier un chant d’amour ou une série de chants d’amour.  Même si les esprits cartésiens ont souvent exprimé de la surprise à voir ce genre de poésie dans la Bible, les grands mystiques juifs et chrétiens de tous les temps y ont vu une image de la relation d’amour entre Dieu et son peuple.  Et plus d’un de ces mystiques – saint Bernard par exemple – l’ont largement commenté.  Or, l’on trouve d’autres exemples semblables un peu partout dans la Bible ; et le chant du bien-aimé à sa vigne, que nous avons entendu dans la première lecture, tirée du prophète Isaïe en est un bel exemple.

1er octobre 2026

Fête de sainte Thérèse de Lisieux

La spiritualité de Thérèse comporte plusieurs aspects. L'un d'eux est bien sûr sa relation avec Dieu, qu'elle considère comme un père très aimant et attentionné. Un autre aspect de la spiritualité de Thérèse est le thème de la « petitesse ».

3 October 2026 Saturday, 26th even-numbered week

Job 42,1-3,5-6,12-17; Luke 10,17-24

Dear Brothers,

For several days now, the first Eucharistic reading of the week has been taken from the Book of Job, and today we are finishing precisely this book, which is very important from the point of view of monastic tradition - for several reasons. It is important, of course, because of its central theme of suffering, which prepares us for the New Testament teaching on the mystery of the Cross. The author of the book is reacting against the traditional teaching that God is just and therefore rewards the good and punishes the wicked. To this theory, the book of Job contrasts a concrete man, who is as good as they come, and yet is terribly afflicted. He wants to understand the mystery of suffering, and in the end he has no explanation. It is an unfathomable mystery. Suffering has no meaning. There's no point in trying to make sense of it. And in the New Testament, the Son of God will give an answer, not by explaining the mystery of suffering, but by taking it on, by dying on the Cross and thus finally giving it meaning. If God suffered, suffering certainly has a meaning, and it is a meaning of redemption. All our sufferings, great and small, take on their meaning -- the only meaning they can have -- by being a participation in the Cross of Christ, in that suffering freely assumed out of love - not out of love for suffering, but out of love for man.

October 1, 2026

                                                        Feast of S. Theresa of Lisieux                 

     There are various aspects in Theresa's spirituality.  One, of course, is her relationship to God as to a very loving and caring father. Another one of Theresa's spirituality is the theme of "littleness".

October 4, 2026 -- 27th Sunday in Ordinary Time, Year A

Isaiah 5:1-7; Philippians 4:6-9; Matthew 21:33-43

H O M I L Y

Among the books of the Old Testament, there is one—the Song of Songs—that is entirely a love song, or a series of love songs. Although Cartesian thinkers have often expressed surprise at finding this kind of poetry in the Bible, the great Jewish and Christian mystics of all ages have seen in it an image of the loving relationship between God and his people. And more than one of these mystics—St. Bernard, for example—has commented on it at length. Yet we find other similar examples throughout the Bible; and the song of the beloved to his vineyard, which we heard in the first reading from the prophet Isaiah, is a fine example of this.

26 septembre 2026 – samedi de la 25ème semaine du TO

Lc 9, 43b-45

                                                                                             Homélie

          Nous poursuivons la lecture du chapitre 9 de l’Évangile de Luc, commencée il y a quelques jours.         

          La profession de foi de Pierre, à Césarée, avait été suivie de la première annonce faite par Jésus de sa Passion. « Le Fils de l’Homme – avait-il dit – doit souffrir beaucoup, être rejeté par les anciens, les grand prêtres et les scribes, être tué et, le troisième jour, ressusciter ». Environ huit jours plus tard, Jésus avait amené avec lui Pierre, Jacques et Jean sur la montagne, où il avait été transfiguré devant eux. Après quoi, il fit la seconde annonce de la Passion – qui est le bref texte que nous venons de lire – puis ce sera la longue montée vers Jérusalem, au cours de laquelle Luc a situé plusieurs des appels les plus radicaux de Jésus à le suivre, en particulier l’appel fait au jeune homme riche de se défaire de tous ses bien et de le suivre.