Homélies de Dom Armand Veilleux

01 février 2026 – 4ème dimanche « A »

So 2, 3 ; 3, 12-13 ; 1 Co 1, 26-31 ; Mt 5, 1-12a

H O M É L I E

La plupart des gens cherchent le bonheur dans un pays étranger appelé « Ailleurs ». Les pauvres rêvent du bonheur des riches, ceux qui souffrent d’isolement rêvent du bonheur de ceux qui sont entourés d’amis. Le bonheur est propre à une région où il fait toujours chaud, mais pas trop. Il appartient au voisin qui a une maison plus grande, une femme plus belle, plus de talent artistique, et dont les réussites sont plus appréciées.

February 1, 2026 – Fourth Sunday in Ordinary Time, Year A

So 2:3; 3:12-13; 1 Cor 1:26-31; Mt 5:1-12a

H O M E L Y

Most people seek happiness in a foreign country called “Elsewhere”. The poor dream of the happiness of the rich, those who suffer from isolation dream of the happiness of those who are surrounded by friends. Happiness belongs to a region where it is always warm, but not too warm. It belongs to the neighbor who has a bigger house, a more beautiful wife, more artistic talent, and whose achievements are more appreciated.

31 janvier 2026 – samedi de la 3ème semaine du T.O.

2 S 12, 1-7a.10-17; Mc 4, 35-41 

H O M É L I E

          Le septième jour de la création, Dieu se reposa. Après avoir créé, au cours des six jours précédents, un univers qui connaissait la foudre et les éclairs, les tempêtes et les ouragans, les volcans et les tremblements de terre, Dieu se reposa calmement car il avait établi des limites que ces pouvoirs de la nature ne pouvaient pas franchir.

31 January 2026 – Saturday of the 3rd week of Ordinary Time

2 Samuel 12:1-7a, 10-17; Mark 4:35-41 

HOMILY 

On the seventh day of creation, God rested. After creating, over the previous six days, a universe that experienced thunder and lightning, storms and hurricanes, volcanoes and earthquakes, God rested peacefully because He had set limits that these forces of nature could not cross.

30 janvier 2026 – vendredi de la 3ème semaine du TO

2S 1, 1…34; Mk 4, 26-34

Homélie

Les deux paraboles que nous venons d'entendre, celle du cultivateur patient et celle du grain de moutarde, font partie d'un groupe de quatre paraboles, les deux autres étant celle du semeur (Mc 4, 3 8) et celle du levain (Mt 13, 33). Ces quatre paraboles traitent d'une même réalité : l'échec rencontré par Jésus dans sa prédication, ou du moins la lenteur avec laquelle les résultats de sa prédication se manifestaient.

Dans l'histoire du vigneron patient, le Royaume de Dieu est comparé à la lenteur de la croissance de la semence jusqu'à la récolte, et simultanément à l'inactivité prolongée du vigneron avant le travail fiévreux de la moisson. Dieu est le vigneron qui sera actif au moment de la récolte, mais qui semble ne pas agir tout au long du ministère de Jésus. Il laisse Jésus isolé, sans succès, rejeté de plus en plus par les siens. Les Juifs mettent Jésus au défi, s'il revendique la messianité, de fournir les signes qui annonceront le royaume. Sa réponse fut qu'il n'y a pas de signes spectaculaires. Dieu permet à la graine de croître lentement, mais il n'y a rien à perdre à attendre : il y a une continuité absolue entre les douleurs de la croissance du royaume de Dieu et sa manifestation en plénitude.

La parabole du grain de moutarde encourage donc la confiance en Dieu en soulignant le contraste entre les humbles débuts du Royaume et les dimensions de son avenir eschatologique. Jésus a certainement voulu, par cette parabole, apporter une réponse aux personnes qui opposaient la faiblesse de ses moyens à la gloire du Royaume attendu.

À travers ces paraboles, Jésus nous appelle une fois de plus à la patience : patience envers nous-mêmes, envers nos frères, envers la croissance de son royaume et envers notre propre croissance. Et il nous rappelle que les accidents et les échecs, les blessures et les guérisons sont des éléments normaux de ce processus, et lui donnent sa beauté. Ils font partie de notre beauté créée, de notre beauté en tant que créature. Ceci, pour nous, est très difficile à accepter. Accepter que nous ne sommes pas parfaits, que rien autour de nous n'est parfait : que notre vie entière doit être un long pèlerinage de notre fragilité à une situation de croissance parfaite qui est réservée au temps de la récolte.

L'harmonie parfaite n'est pas une dimension de la création, et donc pas une dimension de l'existence humaine, pas même de l'existence humaine rachetée. La description grandiose du livre de la Genèse ne nous montre pas un monde sortant des mains de Dieu parfaitement centré, en parfaite harmonie : Au contraire, il semble qu'à la parole de Dieu, chacun des éléments : l'eau, la terre, le soleil et la lune, les animaux et les êtres humains ont éclaté. Et alors a commencé le long processus vers l'harmonie totale, la perfection atteinte, un processus qui mène à la félicité eschatologique, mais qui passe par des grincements et des accidents, des échecs et une attente silencieuse. C'est précisément en cela que réside la beauté de notre monde créé.

Dans l'Évangile de ce jour, Jésus fonde notre espérance sur l'assurance du jour de la moisson, mais il nous invite aussi à supporter avec patience la période d'attente. Dans cette Eucharistie, demandons-lui et remercions-le pour ces deux choses : l'espérance et la patience.

Armand Veilleux

January 30, Friday of the 3rd week of OT

2S 1, 1…34; Mk 4, 26-34

Homily

The two parables we have just heard, that of the patient farmer and that of the mustard seed, are part of a group of four parables, the other two being that of the sower (Mk 4:38) and that of the leaven (Mt 13:33). These four parables deal with the same reality: the failure of Jesus in his preaching, or at least the slowness with which the results of his preaching became apparent.

29 janvier 2026, jeudi, 3e semaine, temps ordinaire

2Sam 7, 18-19, 24-29 ; Mc 4, 21-25

Homélie

          La première lecture de la messe de cette semaine, dans le lectionnaire férial, est tirée du deuxième livre de Samuel. Il y a quelques jours, il y avait l'histoire de David qui voulait, dans sa générosité, construire une maison pour Dieu, considérant que la Tente que le peuple d'Israël avait transportée dans le désert pendant son exode n'était pas digne de Dieu. Dans la lecture que nous aurions lue hier, si nous n’avions pas eu la célébration des Fondateurs de Cîteaux, et avions utilisé le lectionnaire férial, Dieu envoyait le prophète Nathan dire à David qu'Il n'avait pas besoin d'une Maison. C'est LUI, Dieu, qui construira une maison à David.