24e dimanche A
(Mt 18, 21-35)
13 septembre 2026
« Tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans les cieux. » (Mt 16,19). Frères et sœurs, ces paroles que Jésus adresse à Pierre ne sont pas celles qui viennent d’être proclamées, mais celles que nous avons entendues il y a trois semaines, celles que Jésus lui a dites lors de la confession de Césarée où l’apôtre le reconnaissait comme « le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Mt 16,16). Jésus lui donnait alors, à lui et à l’Eglise, le pouvoir de lier et de délier. En conséquence, quand aujourd’hui Pierre lui demande « combien de fois [il doit] pardonner » à son frère et qu’il suggère « jusqu’à sept fois », il semble être dans son rôle. Mais soyons clair, par une telle proposition, Pierre se place en juge, et même plus exactement, en juste. Et comme à Césarée où Jésus lui dit « passe derrière moi, Satan », ici, il le fait tomber de son piédestal. En effet, par cette parabole, Jésus lui indique que celui qui accuse son frère - même pour des raisons légitimes -, celui qui estime que le pardon est limité, se met automatiquement en position d’accusé. Car si nous suivons la parabole, il devient alors le débiteur impitoyable, celui qui doit une somme astronomique, à qui le roi a fait grâce, mais qui refuse de faire grâce à son tour. Et c’est la situation de chacun d’entre nous, tous débiteurs de ce Dieu qui nous a donné la vie en nous donnant sa vie, ce qui nous invite à pardonner, non pas sept fois, mais septante fois sept fois, c’est-à-dire indéfiniment, toujours, sans cesse. Pardonner, aimer, pour payer notre dette, mais non pas une dette de culpabilité, mais la dette de l’amour, le don de l’amour, dont nous bénéficions indéfiniment, toujours, sans cesse.