A PÂQUES 05 JEAN 14,01-12 (15)

Chimay : 03.05.2026

A Paques 05Frères et sœurs, cet évangile où Jésus dit : « Je pars vous préparer une place » (Jn 14,3), nous le connaissons bien. Il est souvent choisi pour les célébrations de funérailles. Jésus nous est présenté comme le “chemin” qui conduit au Père. En lisant ce texte, je pense à tous ceux qui errent sur les chemins du monde sans savoir où ils passeront la nuit. Beaucoup ont eu une belle situation, un métier, une vie de famille. Puis il y a eu un événement qui a fini par les jeter à la rue. En Ukraine, en Syrie et ailleurs, ce sont des familles entières qui ont quitté leur domicile pour fuir la guerre. Ils sont partis sans savoir où leur chemin les conduira.

Quand Jésus nous dit qu’il est “chemin”, c’est tout autre chose. Il ne s’agit pas d’un chemin d’errance. Il nous annonce le but et l’aboutissement de notre vie. Lui-même est toujours vivant auprès de son Père. En même temps, il nous assure de sa présence parmi nous tous les jours et jusqu’à la fin du monde. Il est pour nous « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14,6). Lui seul peut nous conduire auprès du Père. Son grand projet, c’est de rassembler tous les hommes. Il nous prépare une maison dans laquelle tous se sentiront accueillis avec amour.

Ce qu’il nous faut bien comprendre c’est que Jésus ne se contente pas de nous montrer “chemin”. Il est lui-même « le Chemin, la Vérité et la Vie » (Jn 14,6). Il est le Chemin : Jésus est le pont entre l’humanité et Dieu, la voie d’accès à la maison du Père. Il est la Vérité : Il incarne la parole de Dieu et la révélation finale, libérant le cœur humain. Enfin il est la Vie : Il donne la vie spirituelle et éternelle, la communion avec Dieu. « Personne ne va au Père sans passer par lui » (Jn 14,6).

 C’est en lui seul que nous trouvons la plénitude de la vérité. Ses paroles sont « celles de la Vie Éternelle » (Jn 6,68). En dehors de lui, nous allons à notre perte. Personne ne peut « aller vers le Père sans passer par lui » (Jn 14,6). C’est lui qui nous révèle le vrai visage de Dieu. C’est en regardant vers le ciel que nous redécouvrons le vrai sens de notre vie. Cet évangile est un appel à l’espérance, même si nous sommes “bouleversés” par les incertitudes et les épreuves de la vie. Mais succomber au découragement serait pire que tout. Nous pouvons nous raccrocher aux paroles du psaume de ce jour : « Le Seigneur veille sur ceux qui l’aiment et espèrent en son amour » (Ps 32,18). Et Jésus est toujours là pour nous redire inlassablement : « Croyez en moi ! » (Jn 14,1).

Cela dit, ce chemin n’est pas celui de la facilité. Il est étroit, et il nous conduit vers une porte étroite. La porte étroite est une métaphore biblique utilisée par Jésus (Mt 7,13-14) pour décrire le chemin difficile mais salutaire de la foi, par opposition à la porte large menant à la perdition. Elle représente un choix de vie exigeant l’humilité, le renoncement à l’orgueil et l’obéissance à Dieu, que peu de gens choisissent. Notre vie est un combat de tous les jours contre les forces du mal qui cherchent à nous entraîner vers des chemins de perdition. C’est la course à l’argent, à la violence, à la haine, à la rancune. Tout cela nous détourne du vrai but de notre vie. En ce jour, cela vaut la peine de nous interroger : Jésus est-il vraiment « notre chemin, notre vérité et notre vie » ? Est-ce vraiment lui que nous suivons ? Si ce n’est pas le cas, nous devons réentendre son appel : « Revenez à moi de tout votre cœur… » (Jl 2,12). « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile… » (Mc 1,15). C’est l’appel fondamental de Jésus au début de son ministère, signifiant que le Royaume de Dieu est proche. C’est une invitation à changer de mentalité, à nous tourner vers Dieu et à accueillir la Bonne Nouvelle du salut, souvent méditée durant le Carême. La conversion est un changement profond du cœur et de la pensée, passant d’une vie centrée sur soi à une vie ouverte à la grâce de Dieu.

Les Actes des Apôtres (Ac 6,1-7) nous montrent comment les premiers chrétiens ont suivi ce chemin du Christ. La Parole de Dieu est annoncée aux païens. Les veuves ne sont pas abandonnées à leur triste sort ; elles reçoivent une aide. Le partage des services se met en place. C’est ainsi qu’une communauté se met en route à la suite du Christ. La parole de Dieu doit être annoncée à temps et à contretemps ; mais les petits, les pauvres et les exclus ne doivent pas être oubliés : il n’est pas possible d’annoncer la Bonne Nouvelle de l’Évangile à des gens qui ont faim et froid. A travers eux, c’est le Christ lui-même qui nous interpelle.

Dans sa première lettre (1 Pi 2,4-9), saint Pierre nous invite à nous approcher du Seigneur Jésus. Nous nous rappelons que l’évangile nous parlait de la Maison du Père qui contient de “nombreuses demeures”. Ici, saint Pierre nous dit que Jésus en est « la pierre vivante que les hommes ont éliminée mais que Dieu a choisie parce qu’il en connaît la valeur » (1 Pi 2,4). Cette maison dont il parle n’est pas seulement de pierres ou de bois ; c’est une fraternité, une communauté construite par le souffle de l’Esprit Saint. En tant que disciples, nous participons à sa construction. Nous sommes devenus « la race choisie, le sacerdoce Royal, la nation sainte, le peuple qui appartient à Dieu » (1 Pi 2,9). Mais il y a un piège que nous devons éviter : le risque serait de nous complaire dans les honneurs, la facilité et l’orgueil. Nous avons une mission urgente : c’est d’annoncer « les merveilles de celui qui nous a fait passer des ténèbres à son admirable lumière » (1 Pi 2,9). Passer des ténèbres à l’admirable lumière de Dieu est une transformation spirituelle fondamentale, souvent décrite comme le passage de l’oppression du péché à la liberté du royaume du Christ.

Il est urgent de montrer à tous que nous savons où nous allons. Nous sommes sur un chemin qui est balisé par l’Évangile de Jésus Christ. Nous avons là un repère essentiel pour notre marche. Dans une de ses audiences, le pape François nous recommandait de le lire chaque jour. La Parole de Dieu est une nourriture indispensable pour notre marche vers le Père ; elle nous procure la joie et le réconfort de l’Esprit Saint.

« Je suis le chemin », dit Jésus. « Personne ne va vers le Père sans passer par moi » (Jn 14,6). Jésus-Christ nous a remis la carte qui nous permet de trouver là où nous serons avec lui et avec le Père pour toujours. Jésus-Christ est la route qui conduit au bonheur ! Avec lui, nous savons que nous sommes sur le bon chemin. Tout comme quand nous suivons une carte routière, nous trouvons notre chemin et ceci nous rend heureux. Ainsi, quand nous sommes sur le chemin que le Christ a tracé pour nous, nous sommes remplis de joie, la joie de l’Évangile

        « Celui qui m’a vu a vu le Père » (Jn 14,9). Où avons-nous vu le Père ? Nous l’avons vu dans l’amour du Christ ; dans les récits qui viennent de son cœur ; dans ses sacrifices ; dans ses paroles ; dans son service ; dans les guérisons qu’il a opérées ; dans son inlassable don de lui-même ; dans ses enseignements. En tout cela, nous voyons l’amour du Père pour nous les hommes.