Lundi de la 1ère semaine de l’Avent
1 décembre 2025
H o m é l i e
À partir d’aujourd’hui, les lectures d’Évangile pour la messe fériale, nous présenteront une série de guérisons de Jésus au début de son ministère. Dans les deux chapitres suivants, il regroupe une dizaine de miracles.
Mais, attention ; il faut remarquer que là où nous parlons facilement de miracles, l’Évangile parle simplement de "guérison". Dans notre conception moderne un miracle est quelque chose qui ne s'explique pas dans le contexte de ce que nous concevons comme les lois de la nature. Or, cette conception du miracle est moderne et tout à fait étrangère à l'homme et à la femme de la Bible. Pour l'homme de la Bible, il n'y a pas de loi de la nature. La nature est soumise tout entière à la volonté et à la toute-puissance de Dieu, qui y agit comme bon lui semble et quand il veut. Pour l'homme de la Bible, il n'y a pas de miracle; il y a simplement des "mirabilia Dei", des "merveilles de Dieu", c'est-à-dire des actions plus éclatantes dans lesquelles Dieu manifeste sa toute puissance. Et toutes les actions merveilleuses produites par Jésus ne sont pas d'abord des manifestations de toute-puissance, mais plutôt des manifestations de l'amour miséricordieux de Dieu envers les hommes, surtout les petits, les souffrants, les victimes des forces du mal.
La première condition – et, finalement, la seule condition pour être gratifié d’une telle manifestation de l’amour de Dieu est la foi. C’est cette foi que manifeste le centurion de l’armée romaine dont il est question dans la guérison racontée dans le texte que nous venons de lire. Pour cet officier de l’armée romaine, Jésus n’a pas besoin de venir et de pratiquer quelques gestes ou quelques rites sur son enfant pour le guérir. Il n’a qu’à vouloir que cet enfant guérisse. Il reconnait donc à Jésus une autorité absolue et donc divine sur tout l’univers. Et Jésus fait remarquer qu’il n’a pas trouvé une telle foi en Israël. Il ne demande pas à cet étranger de se convertir au Judaïsme; il ne lui demande pas de tout abandonner et de le suivre. Il lui dit simplement de rentrer chez lui. Et il lui annonce que sa foi sera efficace : « Que tout se passe pour toi selon ta foi ». Et son fils est guéri à l’heure même.
Au cours de cette Eucharistie, prions spécialement pour toutes les personnes que nous connaissons, qui sont affectées de souffrances et de maladies, pour que Jésus, d’une façon ou d’une autre, porte avec elles ces souffrances et ces maladies.
Armand Veilleux
