Homélies et conférences du Père abbé - Dom Damien Debaisieux

« Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout » (1). Frères et sœurs, à chaque Eucharistie où Dieu nous rassemble, nous sommes invités à prendre conscience de cet amour « jusqu’au bout » pour chacun, chacune d’entre nous. Et surtout, nous sommes invités à accueillir cet amour pour nous laisser transformer, pour aimer à notre tour, pour – comme le dit Jésus - nous « laver les pieds les uns aux autres » (14). Et cela passe probablement moins par notre bonne volonté que par la contemplation de l’amour de Jésus.

« Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout » (1). Frères et sœurs, à chaque Eucharistie où Dieu nous rassemble, nous sommes invités à prendre conscience de cet amour « jusqu’au bout » pour chacun, chacune d’entre nous. Et surtout, nous sommes invités à accueillir cet amour pour nous laisser transformer, pour aimer à notre tour, pour – comme le dit Jésus - nous « laver les pieds les uns aux autres » (14). Et cela passe probablement moins par notre bonne volonté que par la contemplation de l’amour de Jésus.

 

3e dimanche de Carême A

(Jn 4,5-42)

Homélie

                                                                                                           Mars 2026

« Le Seigneur est-il au milieu de nous, oui ou non ? » (Ex 17,7). Frères et sœurs, cette question, c’est celle que nous avons entendue à la fin de la première lecture, et c’est celle que beaucoup d’hommes, de femmes, d’enfants peuvent se poser face à ce qui se vit, à ce qui se détruit, dans notre monde. Tous les conflits de notre histoire n’ont pas suffi, ni même ceux qui alimentaient déjà notre actualité – l’Ukraine, Gaza ou encore, pour ne pas l’oublier, la République Démocratique du Congo. Il fallait encore en rajouter et embraser l’Iran et ce qu’il restait de paix au Moyen-Orient. Le Seigneur est-il au milieu d’eux et de nous, oui ou non ?

Rameaux 2026

(Mt 26, 14 – 27, 66)

Frères et sœurs, un guide du musée du Louvre se réjouissait que nombre de tableaux représentant des scènes d’évangile ne soient pas ou plus dans des églises, mais dans des musées. Car pour lui, qui était chrétien, c’était une occasion inespérée de livrer une catéchèse aux visiteurs. Mais un jour, alors qu’il détaillait à un groupe de touristes asiatiques un tableau représentant la crucifixion, c’est lui qui fut l’élève, le disciple d’un enseignement. En effet, l’une de ces personnes, voyant le rouge vif du sang se détacher du tableau et heurter sa sensibilité, fut prise d’un malaise et s’évanouit. Le guide repris alors davantage conscience de la violence de la Passion du Christ, et combien, finalement, il s’était habitué à ce récit.

Mercredi des Cendres 2026

Frères et sœurs, il est un mot que le dictionnaire Le Robert qualifie encore de littéraire, mais qui est désormais devenu assez courant dans les conversations. C’est le mot de « procrastination », c’est-à-dire la tendance à remettre à plus tard, au lendemain, si bien que, le procrastinateur n’arrive pas à se mettre au travail, en tout cas au travail qui lui est demandé et qui est attendu de lui. Il repousse volontairement les tâches prévues, nécessaires et importantes, malgré les éventuelles conséquences. Le procrastinateur semble répondre à ses besoins les plus immédiats au lieu de répondre à ses besoins les plus importants.

30 mars 2026 -- lundi de la Semaine Sainte

Isaïe, 42, 1-7 ; Jean 12, 1-11

Homélie

          Ce récit de l’Évangile de saint Jean est très semblable à un récit que Matthieu et Marc placent tout de suite avant celui de la Passion. L’Évangile de Jean a certainement été écrit longtemps après celui des Synoptiques, mais il doit rapporter avec justesse un événement qu’on racontait dans les Églises qui étaient sous l’influence de Jean. Les amis intimes de Jésus, en particulier Marthe, Marie et Lazare, sont si importants dans l’Évangile de Jean, que celui-ci n’aurait pas pu inventer ce récit ni même l’arranger pour mettre Marthe, Marie et Lazare au cœur du récit.

Père Gérard

(Si 44,1.10-15 ; Ps 26 ; He 11,1-2.8-16 ;

Mc 10,24b-30)

26 janvier 2026

« Faisons l’éloge de ces hommes glorieux qui sont nos ancêtres » (Si 44,1). C’est ainsi, frères et sœurs, qu’ont commencé les lectures que nous venons d’entendre. Alors, peut-être, faisons l’éloge de Père Gérard, cet homme aux multiples talents qui s’est plongé – pour son bien et le nôtre – dans les textes de notre tradition monastique. La Règle de saint Benoît qu’il a particulièrement aimée, et dont il disait que nous n’avions pas fini de découvrir tous les trésors qu’elle recèle, et il nous invitait – fermement - à la lire, la méditer, la creuser et surtout bien sûr, à la vivre. Aujourd’hui, nous ne pouvons pas faire comme si nous n’avions pas entendu cet appel qu’il nous lançait et il est de notre responsabilité à nous - moines de Scourmont d’abord, moines et moniales de l’Ordre, Bénédictins, Bénédictines, Laïcs Cisterciens et autres – (il est de notre responsabilité) de nous laisser enseigner, guider par cette Règle de vie. Père Gérard a aimé la Règle donc, mais aussi toute la tradition cistercienne et monastique, et c’est notamment par son travail d’édition à l’Abbaye de Bellefontaine, dans son engagement à l’Arccis, et bien sûr comme rédacteur en chef des Collectanea Cisterciensia, qu’il a voulu transmettre, partager, ce qui le faisait vivre.