25 juillet -- 17ème dimanche ordinaire "A"
1 Rois 3,5.7-12; Rom 8,28-30; Matt 13, 44-53

 

HOMÉLIE

(prononcée au monastère de Mokoto, Rép. Dém. du Congo)

Les trois paraboles que nous venons d'entendre appartiennent a une longue série de paraboles dans l'Évangile de saint Matthieu; et nous en avons déjà entendu plusieurs au cours des derniers dimanches. Les autres étaient celles du semeur, de l'ivraie et de la graine de moutarde. Aujourd'hui nous avons celles du trésor caché, de la perle précieuse et du filet jeté à la mer.

Même si les paraboles comprennent toujours un enseignement moral, nous ne devons pas oublier qu'elles nous parlent, en tout premier lieu, non pas de nous-mêmes et des attitudes que nous devons avoir, mais du royaume de Dieu. Ainsi, par exemple, dans la parabole du Semeur, la préoccupation première était la semence elle-même, c'est-à-dire le Royaume de Dieu, plus que la terre recevant cette semence. De même, aujourd'hui, les paraboles du trésor caché et de la perle précieuse veulent nous faire comprendre d'abord la valeur absolue du royaume, représenté par ce trésor et cette perle. Ce n'est que lorsque nous comprenons ce caractère absolu que nous sommes capables d'établir des priorités justes dans nos vies, et faire les sacrifices nécessaires pour entrer en possession de ce royaume.

L'idée fondamentale est toujours la même dans toutes les paraboles du royaume: ce royaume est déjà ici, mais il n'est pas encore pleinement réalisé. Nous ne le possédons pas encore pleinement. Il ne s'agit pas cependant d'attendre passivement la venue de ce royaume, mais de travailler à sa construction, Et cela requiert le renoncement à tout ce qui n'est pas le royaume. Si nous comprenons la valeur de ce trésor, nous nous détacherons de tout le reste pour acheter le terrain où il se trouve. Si nous nous rendons compte combien précieuse est cette perle, nous n'hésiterons pas à tout vendre pour nous la procurer. Les paraboles veulent attirer notre attention sur la valeur du terrain et de la perle plus que sur le prix à payer.

Déjà Jésus nous a rappelé dans le Sermon sur la montagne que le cur d'un chrétien ne peut être divisé entre Dieu et l'argent, entre Dieu et une quelconque idole. Dans ce contexte il est bon d'entendre encore l'histoire du roi Salomon (1ère lecture). Salomon a eu ses grandeurs et ses faiblesses. Mais ce que le Peuple d'Israël a retenu le plus de lui fut sa sagesse et sa capacité de faire régner la justice dans son royaume. Au début de son règne, il eut une vision dans laquelle Dieu lui disait: "demande ce que tu voudras et je te le donnerai". Et quelle fut la réponse de Salomon? - "Donne à ton serviteur un cur plein de jugement pour discerner entre le bien et le mal."

Il y a des situations dans la vie ou les choix a faire sont clairs, par exemple lorsqu'il s'agit de choisir entre le bien et le mal. Le bon choix peut demander du courage, mais il n'est pas difficile de savoir quel est le choix à faire. Il y a cependant beaucoup de situations où les choses ne sont pas si claires, et où, pour acquérir le bien ultime, il faut renoncer à de nombreux biens partiels. Ces situations exigent une grande dose de sagesse. Cette sagesse, c'est l'Esprit de Dieu - l'Esprit de Jésus. Demandons la grâce d'être guidés par cette Sagesse, qui seule peut nous donner la lumière et la force nécessaires pour vendre tout afin d'acquérir la perle précieuse du royaume de Dieu.