9. Les maisons-filles

Caldey

Histoire ancienne

Dans l’une des larges baies qui accusent les contours sinueux du canal de Bristol, face au petit port de Tenby, se dresse, toute gracieuse en sa robe de verdure, l’île de Caldey.

La côte est profondément découpée : elle présente plusieurs baies profondes et quelques promontoires anguleux et très saillants. L’île est semblable à une immense nappe de verdure, semée de prairies et de champs cultivés, parmi les ajoncs et les fougères.

Vers le nord de l’île se dressent les bâtiments claustraux de l’abbaye, construits entre 1907 et 1914, et qui s’avancent jusqu’au bord de la haute falaise qui domine le village. Ils sont à peu près disposés selon la tradition bénédictine.

Caldey est la première fondation de Scourmont mais pour en arriver là, il fallut surmonter plusieurs obstacles, résultats d’une situation héritée. En fait, il s’agit d’une résurrection. Quel autre nom pourrait mieux convenir à cette vie monastique appelée, après trois siècles et demi d’extinction, à renaître en l’île de Caldey ?

Commençons au moment où Henri Ier donna, dit-on, l’île de Caldey à un certain Robert, fils de Martin de Combemartin, en Sommerset. Le jeune homme en fit don à sa mère, laquelle la céda, à son tour, au monastère bénédictin de Saint Dogmaël, appartenant à la très florissante Congrégation de Saint Bernard de Tiron.

Les moines s’en servirent alors comme d’une celle, c’est-à-dire d’une filiale, et occupèrent le prieuré qui existe encore de nos jours.

Cette résidence un peu exiguë pouvait suffire à loger une douzaine de religieux.

Aux sombres jours de l’apostasie du roi Henri VIII (1534), Caldey, dont les moines avaient été dispersés par la force, fut alors vendue à l’encan et achetée par un certain John Bradshaw. Elle devait rester de longs siècles entre des mains séculières.

Ainsi, l’île qui avait été pendant près de mille ans un foyer de vie monastique, devenait, tout à coup, par la volonté d’un souverain, une exploitation de petits fermiers.