1 juin 2019 - Samedi de la 6ième semaine de Pâques

Actes 18, 23-28 ; Jn 16, 23-28

Homélie

 

Les lectures des Actes des Apôtres que nous avons comme première lecture aux messes de cette saison pascale ne sont pas simplement de beaux récits nous donnant une idée de la façon dont l'Église s'est développée pendant la première génération chrétienne.  Ils nous parlent aussi de la nature même de l'Église.  Ces textes nous montrent qu'il y avait plusieurs façons de devenir chrétien. 

Bien sûr, il y avait un grand nombre d'hommes et de femmes qui avaient été disciples de Jésus durant sa vie et qui avaient maintenu leur foi en lui après sa mort et sa résurrection.  Tous, et pas seulement les Apôtres et les premiers diacres, ont transmis leur foi à d’autres par leur vie et leurs paroles. Ensuite, il y a eu Paul, qui a personnellement rencontré Jésus sur le chemin de Damas.  Dans la lecture d'aujourd'hui, nous voyons une autre façon de devenir chrétien.  Un Juif nommé Apollos, venu d'Egypte, où se trouvait la plus grande diaspora juive au temps du Christ (plus ou moins un million de Juifs, selon les historiens modernes), était un homme plein de ferveur et une autorité concernant les Ecritures.  Il avait entendu parler de Jésus, étant peut-être venu à Jérusalem pour la Pâque, et était arrivé à la conclusion que Jésus était le Christ.  Bien qu'il n'ait reçu aucune formation des Apôtres ou d'un autre missionnaire, il parlait et enseignait fidèlement sur Jésus.  Paul et les autres chrétiens d'Éphèse accueillent sa prédication.

Cela montre très clairement que ce qui fait de quelqu’un un chrétien, c'est essentiellement le fait de croire au Christ.  L'Église est la communion entre tous ceux qui croient au Christ.  Jésus n'a pas établi une nouvelle organisation.  Il n'a pas fondé un nouveau groupe appelé Église.  Il a appelé ses disciples, c'est-à-dire tous ceux qui ont reçu son message, à être unis par des liens d'amour et à montrer cet amour à tous leurs prochains. L'Église, selon Vatican II, est fondamentalement un mystère, c'est-à-dire un sacrement : la manifestation visible de l'amour de Dieu pour nous et son salut, sous le signe de la communion entre personnes dans le même amour, la même foi et la même espérance.  C'est pourquoi une Église locale n'est pas simplement une subdivision administrative de l'Église universelle.  Au contraire, chaque fois -- et en tout lieu -- que quelques chrétiens expriment leur communion dans la foi, l'amour et l'espérance en Jésus-Christ, là se trouve une manifestation visible -- et une réalisation -- du mystère de l'Église dans sa totalité. Là se trouve l'Église.  L'Église universelle est formée par la communion entre ces Églises locales.

Bien sûr, l'Église étant composée d'êtres humains, et donc étant humaine, elle devait se donner une certaine forme d'organisation.  Selon les circonstances de temps et de lieux, une structure s'est développée au cours des siècles : diocèses, archidiocèses, paroisses, patriarcats, curie romaine, divers ministères, anciens et nouveaux, etc. Nous pouvons être très satisfaits de cette structure ou aspirer à une grande simplification de celle-ci.  Tout cela est secondaire.  La réalité essentielle est que ce qui fait de nous des chrétiens, ce n'est pas d'appartenir à cette structure, mais d'avoir une foi personnelle en Jésus Christ et de partager cette foi avec les autres dans l'amour et l'espérance.  

Alors nous pouvons, comme Jésus nous invite à le faire dans l'Evangile d'aujourd'hui, prier en Son nom.  C'est ce que nous faisons dans cette Eucharistie : exprimer notre foi en communion les uns avec les autres et avec tous ceux qui, dans le monde entier, ont placé leur foi dans le Christ.

Armand Veilleux