16 juillet 2019, mardi de la 15ème semaine, année impaire

Ex 2, 1-15; Mt 11, 20-24

Monastère de Rixensart, Belgique

 

 

 

H o m é l i e

 

Chères sœurs et frères,

 

Les textes de cette Eucharistie nous parlent de faiblesse et de puissance – de la faiblesse des hommes et de la puissance de Dieu.  Dans la première lecture, tirée du Livre de l’Exode, nous voyons la faiblesse du peuple juif au sein de l’empire égyptien, en particulier la faiblesse de Moïse encore bébé déposé dans un panier posé sur les eaux du Nil, et la puissance avec laquelle Dieu libérera son peuple d’Égypte par le ministère de Moïse.

 

           D’habitude Jésus prononce des bénédictions, que nous appelons des « béatitudes » (Bienheureux les pauvres, bienheureux les doux, bienheureux les artisans de paix, etc.) Dans le bref texte d’Évangile que nous venons d’entendre, Jésus prononce non pas des bénédictions mais des malédictions : « Malheureuse es-tu, Chorazin ! Malheureuse es-tu, Bethsaïda... etc.)  Quelle est l’attitude qui provoque une telle réaction chez Jésus.  Il s’agit de l’aveuglement et plus précisément de l’aveuglement volontaire, qui refuse de voir ce qui est évident. 

 

           Il s’agit de deux villes de Galilée où Jésus avait opéré de nombreux miracles et fait des guérisons.  Les gens de la ville ont évidemment profité de ces miracles et de ces guérisons, mais ils n’ont pas reçu le message de Jésus appelant à la conversion.  C’est qu’ils n’ont pas su interpréter ce qui se passait.  Ils auraient dû reconnaître que celui qui opérait de tels signes venait de Dieu et que sa Parole devait donc être reçue comme Parole de Dieu.  Et s’ils n’ont pas analysé les événements pour en percevoir le sens, c’était sans doute parce qu’ils ne se sentaient pas capables d’en accepter les conséquences.

 

           À nous aussi Dieu parle à travers les personnes et les événements.  Souvent nous préférons ne pas écouter de peur d’entendre un message qui nous dérange trop.  Évidemment si un ange du ciel nous apparaissait pour nous indiquer la volonté de Dieu sur nous, nous l’écouterions et nous lui obéirions.  Mais Dieu nous parle ordinairement à travers les événements de tous les jours.  Si nous omettons souvent de faire l’effort d’analyser et d’interpréter ces événements, c’est probablement que nous percevons plus ou moins inconsciemment qu’ils peuvent comporter pour nous un message trop dérangeant.  Ce qui nous manque la plupart du temps, ce n’est pas la foi ; c’est le courage d’opérer la conversion requise par notre foi.

 

           Demandons la grâce de l’écoute et du discernement et le courage de mettre en pratique ce que nous aurons perçu.

 

Armand Veilleux