28 mars 2018 - mercredi de la Semaine Sainte

Isaïe 50, 4-9a ; Mt 26, 14-25

Prieuré de sainte Bathilde, Vanves

 

          

Homélie

 

Nous avions, hier, comme première lecture, le deuxième des quatre chants du Serviteur qu’on trouve dans le Livre de la Consolation d’Israël du prophète Isaïe. Aujourd’hui nous avons le troisième de ces chants,  Nous l’avons d’ailleurs déjà lu à la messe du jour des Rameaux. L’Église a toujours vu dans ce Serviteur une préfiguration du Messie souffrant.

 

C’est un très beau texte, qui nous parle d’écoute et de parole, d’attention et de consolation.  Le texte commence par la mention de la consolation. « Le Seigneur mon Dieu m’a donné le langage des disciples, pour que je puisse d’une parole, soutenir celui qui est épuisé. » Mais avant de parler, il lui a fallu écouter. Et pour écouter il fallait que ses oreilles soient éveillées et ouvertes : « Chaque matin, [mon Dieu] éveille mon oreille pour qu’en disciple, j’écoute ». On peut facilement reconnaître en ce texte une influence sur le Prologue de la Règle où Benoît dit à son disciple : « Écoute, mon fils, les préceptes du Maître… incline l’oreille de ton cœur ».

 

           Comme texte d’Évangile nous avions hier le récit du dernier repas de Jésus avec ses disciples, selon l’Évangile de Jean.  Aujourd’hui nous avons le même récit selon l’Évangile de Matthieu. Matthieu insiste sur la tristesse. La tristesse de Jésus, bien entendu, mais aussi la tristesse profonde des disciples et sans doute aussi celle de Judas qui demande « Serait-ce moi ? » La réponse de Jésus qui dit simplement « C’est toi-même qui l’a dit » correspond assez bien à l’attitude du Serviteur du Livre d’Isaïe : « … je ne me suis pas révolté, je ne me suis pas dérobé. J’ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient. »

 

           Conscients de nos propres péchés, c’est avec la même tristesse que celle des disciples que nous entrons dans le Triduum pascal.  C’est cependant une tristesse qui s’accompagne de joie, car nous savons que c’est par la souffrance et la tristesse de Jésus que nous avons été pardonnés. Au cours des trois prochains jours, au cours de nos célébrations, nous allons l’accompagner à travers toutes les étapes de sa passion, pour célébrer dans la joie sa résurrection dans la nuit de Pâques.

 

Armand Veilleux