26 mars 2018 -- lundi de la Semaine Sainte

Isaïe, 42, 1-7 ; Jean 12, 1-11

Prieuré de Ste-Bathilde, Vanves

 

Homélie

 

Chers frères et sœurs,

           Nous avons aujourd’hui un récit de l’Évangile de Jean très semblable à celui que nous avions hier au-début du récit de la Passion selon Marc. L’Évangile de Jean a certainement été écrit longtemps après celui de Marc, mais il doit rapporter avec justesse un événement qu’on racontait dans les Églises sous l’influence de Jean. Les amis intimes de Jésus, en particulier Marthe, Marie et Lazare, sont si importants dans l’Évangile de Jean, que celui-ci n’aurait pas pu inventer ce récit ni même l’arranger pour mettre Marthe, Marie et Lazare au cœur du récit. 

           Cela ne fait que faire ressortir davantage le message que nous avons entendu hier dans le récit de Marc.  Marc n’a pas déformé le récit. Il l’a simplement dépouillé des mentions concrètes de lieu et de personnes pour que le message soit plus universel. En Jean, c’est chez Marthe, Marie et Lazare que la scène se passe. En Marc c’est tout simplement à Béthanie. En Marc, la femme n’est pas nommée ; elle est une figure universelle ; en Jean, il s’agit bien de Marie, sœur de Lazare. Marc fait oindre la tête de Jésus, pour manifester sa royauté.  En Jean, Marie vers le parfum sur les pieds de Jésus, et les essuie avec ses cheveux, dans un geste debordant d’affection. En Marc, certains protestaient contre ce gaspillage ; en Jean, c’est Judas qui proteste et Jean explique que c’est parce qu’il était voleur, et n’avait pas souci des pauvres.

           L’essentiel du message est le même : « Des pauvres vous en aurez toujours avec vous » et vous devrez toujours venir à leur secours.  Moi, vous ne m’aurez pas sans cesse.  Ainsi il annonce qu’il s’en va. Il annonce sa mort. Or, sa présence, au lieu même où il avait ressuscité Lazare peu auparavant, attire les foules ; et les grands prêtres, dans leur folie, décident de faire mourir aussi Lazare. Il y a là un autre message encore : Le disciple n’est pas plus grand que son maître. Ce que l’on a fait au maître on pourra aussi le faire au disciple. Celui qui veut être mon disciple, dit Jésus, qu’il porte sa croix et qu’il me suive.  Porter sa croix n’est pas une simple figure de style.  Si l’on porte sa croix c’est pour y être crucifié.

 

Armand Veilleux