24 mars 2018 – Samedi de la 5e semaine de Carême

Ez 37, 21-28 ; Jean 11, 45-57

Prieuré de Ste-Bathilde, Vanves

 

Homélie

 

 

Chères sœurs et chers frères,

 

          Les dernières phrases de cet Évangile nous introduisent directement à la grande Semaine que nous commencerons demain, et au cours de laquelle nous ferons mémoire de la passion et de la mort du Seigneur Jésus, pour terminer, dans la nuit de Pâques, avec la célébration solennelle de sa Résurrection.

 

          Au cours des trois années de la vie publique de Jésus les Pharisiens et les grands prêtres du Temple de Jérusalem, c’est-à-dire les autorités spirituelles du peuple juif, avaient développé une opposition de plus en plus forte à Jésus. Alors que le petit peuple s’ouvrait toujours plus aux enseignements de Jésus, et se laissait émerveiller par les signes qu’il opérait, les autorités devenaient de plus en plus fermées. La résurrection de Lazare, qui avait été au tombeau depuis trois jours, avait été le miracle le plus éclatant opéré par Jésus, mais ces esprits aveugles y voyaient un argument de plus de le combattre.  Comme ils vivaient sous l’occupation romaine, ils étaient surtout soucieux de ne pas aliéner le pouvoir occupant, pour ne pas se créer de problèmes.  Mais nous verrons, cette semaine, qu’ils feront appel à ce même pouvoir pour mettre Jésus à mort, ce qu’ils n’ont pas le pouvoir de faire eux-mêmes.

 

          C’est vraiment le comble de l’aveuglement et de la perfidie. Et cependant l’Évangéliste Jean voit dans une réflexion du grand prêtre une prophétie dont le grand prêtre lui-même ne voit pas la justesse. « Il vaut mieux qu’un seul homme meure pour le peuple » dit-il. Et l’Évangéliste Jean fait remarquer que, sans le savoir, il prophétisait que Jésus allait mourir pour la nation ; et pas seulement pour la nation juive, car c’était afin de rassembler dans l’unité les enfants de Dieu dispersés ».

 

          Cette prophétie, nous l’avions déjà dans le texte du prophète Ézéchiel que nous avons lu comme première lecture de la messe. Yahvé, à travers le prophète Jérémie, annonce qu’il fera de toutes les tribus d’Israël une seule nation, alors qu’elles étaient divisées alors en deux royaumes différents, souvent opposés l’un à l’autre. Il les purifiera, il établira avec cette nation une alliance et viendra faire sa demeure en son milieu. Il sera leur Dieu et ils seront son peuple. Et vient ensuite la conclusion, qui est la pointe de la prophétie : « Les nations sauront que je suis le Seigneur » dit Yahvé.

 

          Le mystère que nous célébrerons durant toute la semaine qui vient, c’est le mystère pascal intégral. Nous ne célébrons jamais ni la mort seule – même pas le Vendredi Saint – ni la résurrection seule.  Nous célébrons le Christ mort et ressuscité. Et nous célébrons surtout le fait qu’il est mort et ressuscité pour le salut de tous les humains, afin de nous rassembler tous dans son unité.

 

          Que l’Eucharistie de ce matin nous fasse entrer déjà dans ce mystère.