6 novembre 2016

Chapitre de Scourmont

 

 

Le pape François en Suède

 

          Quelqu’un suggérait un jour au pape François la possibilité de tenir un nouveau Concile œcuménique – un Vatican III. Le pape répondit qu’il n’en voyait pas la nécessité.  Il suffisait d’appliquer Vatican II.  C’est ce qu’il s’efforce de faire dans beaucoup de domaines depuis son élection.

 

          L’une des ouvertures les plus importantes de Vatican II a été son ouverture au dialogue œcuménique.  Au cours des cinquante dernières années, parmi les très nombreux dialogues engagés par l’Église de Rome avec les différentes communautés historiquement séparées d’elle, c’est sans doute le dialogue avec l’Église luthérienne qui a été l’un des plus sérieux et des plus féconds. Depuis 1972, la « Commission internationale luthéro-catholique » a publié un grand nombre de documents qui sont autant de pas vers une communion plus totale entre les deux Églises.  Le premier de la série, publié en 1972 s’intitulait « L’Évangile et l’Église ». Il fut suivi en 1978 par « Le repas du Seigneur » ; et le plus récent, paru en 1999 est « La doctrine de la justification », qui aborde évidemment le point le plus délicat de la réforme luthérienne.

 

          Le 31 octobre 2017 – donc, dans un an – sera le 500ème anniversaire de la réforme protestante avec la publication par Luther de ses 95 thèses. Les Luthériens ont donc commencé 31 octobre dernier une année de célébrations pour commémorer cet événement.  Comme on le sait, le pape François a pris l’initiative de se rendre à Lund en Suède pour participer à l’ouverture de cette année de célébrations, et son initiative a été fort bien reçue par l’Église luthérienne. Le thème de ce voyage du pape n’a pas été choisi au hasard. Ce thème est « Unis dans l’espérance ».  L’esprit de cette rencontre œcuménique d’une très grande importance n’est pas de s’attarder sur les événements d’il y a 500 ans, mais de vivre ensemble, catholiques et protestants, un moment de repentance commune pour toutes les luttes – et même les guerres religieuses – de cette longue période et une action de grâce pour les progrès des cinquante dernières années dans le cheminement vers une communion plénière.

 

          Concernant les origines de la réforme, sur lesquelles de nombreuses études historiques ont été publiées ces dernières années, le Pape a eu l’occasion d’en dire quelques mots durant sa conversation avec les journalistes dans l’avion qui le ramenait récemment de son voyage en Arménie. Il en a reparlé quelques jours plus tard dans une entrevue donnée à la Civiltà cattolica. Il n’y a pas de doute qu’a l’époque de Luther l’Église avait un grand besoin de réforme et que le cinquième Concile du Latran venait de se terminer en mars 1517 sans avoir rien fait de sérieux. Luther fut un réformateur, et si ses méthodes ne furent pas toujours les plus adaptées, la façon dont il fut traité ne fut pas non plus un exemple de compréhension et d’ouverture.

 

          L’histoire de ce qui s’est passées il y a 500 ans est bien connue.  Ce qui compte maintenant pour François, comme il le disait à un groupe de théologiens reçus par lui au Vatican devant une effigie de Luther, c’est d’abord de prier ensemble, puis de travailler ensemble au service des pauvres, en particulier des réfugiés. Mais il ajoutait qu’il est aussi important que les théologiens continuent à étudier ensemble.  Un détail important – et c’est plus qu’un détail – c’est que parmi les invités à raconter leur témoignage au cours des célébrations de Lund, se trouvait un religieux colombien, Hactor Fabio Henao, qui a parlé du processus de paix en Colombie, et l’évêque d’Alep, en Syrie, dont la ville, pratiquement détruite, est toujours sous les bombardements.

 

          À la fin de la célébration d’ouverture de cette année luthérienne, le pape François et l’évêque luthérien Muni Younan, président de la Fédération luthérienne ont signé dans la cathédrale de Lund un document exprimant l’intention commune des deux Églises de cheminer vers une pleine communion.

 

          Ce document s’ouvre par les paroles de Jésus : « Demeurez en moi comme moi en vous. Comme le sarment ne peut pas porter de fruits de lui-même si ne reste attaché à la vigne, de même vous, si vous ne restez pas en moi (Jean 15,4). Après cette introduction qui donne bien le ton évangélique, le texte comprend cinq paragraphes.

 

 


 

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