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12 août 2007 (19ème
dimanche ordinaire)
Dieu, tel que le concevait le peuple d'Israël, était le Dieu de l'Exode, le Dieu de la pérégrination et surtout de la promesse. La conception païenne de dieu était celle d'une présence immédiate et conduisait à une religion des idoles. Israël n'avait pas d'idoles (ou du moins ne devait pas en avoir). Israël adorait le Nom du Dieu de la Promesse ; et cette religion créait une histoire, une histoire sacrée, qui était moins l'expérience d'un changement continu que l'attente d'une pleine réalisation. Ils vivaient toujours dans le présent ; mais ce qu'ils vivaient dans le présent recevait son sens de ce qu'il leur avait été promis pour l'avenir ; et leur espérance dans l'avenir était fondée sur l'amour que Dieu leur avait manifesté dans le passé. La première lecture de la messe d'aujourd'hui, qui est tirée
du Livre de la Sagesse, nous parle de la nuit bienheureuse de l'Exode
(que nous célébrons longuement durant la Veillée
pascale), celle durant laquelle le Peuple d'Israël fut conduit
par Yahvé hors de l'Égypte. Puis la lecture de l'Évangile
fait allusion à grande nuit de la Résurrection du Christ
d'entre les morts. Ni l'une ni l'autre de ces deux nuits ne fut la fin
d'un processus historique. La résurrection ne fut pas la conclusion
de quoi que ce soit. Le sépulcre vide ne fut pas, comme le pensait
Hegel, le mémorial de la nostalgie. La résurrection du
Christ, comme l'Exode de l'Égypte, fut un événement
qui ouvrait sur l'avenir, qui réaffirmait et confirmait la promesse
de Dieu. Il ne faut pas avancer dans l'histoire - notre histoire personnelle aussi bien que l'histoire universelle - à reculons, regardant en arrière. Nous sommes appelés à vivre dans la foi et dans l'espérance, comme Abraham, qui nous est donné en exemple dans la lettre aux Hébreux (seconde lecture de la messe d'aujourd'hui). Personne d'entre nous ne sait exactement ce que sera l'avenir de notre société, de notre Église, de notre communauté. Mais nous savons qu'il y aura un avenir ; nous savons aussi que cet avenir est entre les mains de Dieu et ne pourra se réaliser qu'avec notre coopération. Et le fondement de cette espérance est que nous savons ce que Dieu a été pour nous dans le passé. Il est vrai que beaucoup de nos projets humains ne fonctionnent pas ; que beaucoup de nos attentes ne sont pas réalisées, tout au long de nos vies. Comme les disciples d'Emmaüs, nous marchons ensemble, énumérant souvent nos attentes non réalisées - " Nous pensions que c'était Lui qui devait sauver Israël, et voici maintenant trois jours... ". Notre foi en la présence de l'Étranger marchant avec nous nous assure qu'il est vraiment ressuscité et que, tôt ou tard, avec notre coopération, la résurrection totale de l'humanité se réalisera. Notre avenir - collectif ou individuel --, nous ne pouvons le recevoir que comme un don. Les premiers mots de l'Evangile d'aujourd'hui sont : " Sois sans crainte, petit troupeau, car votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume ". Il s'agit d'un don. Pour le recevoir il faut se faire un coeur de pauvre : " vendez ce que vous avez et donnez-le en aumône... afin d'avoir un trésor dans les cieux ". La raison en est que " là où est votre trésor, là aussi sera votre coeur ". Tout cet ensemble des trois textes de la messe d'aujourd'hui nous invite précisément à bien discerner où nous avons mis - et où nous mettons constamment -- notre coeur. Si nous sommes-nous même notre propre trésor, comme nous sommes sans cesse tentés de faire, nous agirons comme le serviteur de la deuxième partie de la parabole qui, voyant que le maître tarde à venir, est tout centré sur ses satisfactions personnelles, individuelles (manger, boire, s'enivrer) et se met à frapper les autres et à les opprimer. Si, au contraire, le Seigneur lui-même est notre trésor (Ne rien préférer à l'amour du Christ, dit saint Benoît), alors nous nous servirons constamment et activement les uns les autres : Heureux serviteur, que son maître, en arrivant, trouvera à son travail. Armand Veilleux |
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